Depuis le 1er octobre 2026, Rainforest Alliance exige des coopératives et exportateurs certifiés au Cameroun des polygones pour 80 % de leurs unités cacaoyères dès le prochain audit, puis pour toutes à l'audit suivant. La règle touche une filière dont 42 % de la production nationale porte ce label, selon l'organisation. Elle précède de trois mois le règlement européen sur la déforestation, le RDUE, applicable le 30 décembre aux grands et moyens opérateurs. Entre ces deux dates, un métier sort de l'ombre : agent de géolocalisation des parcelles. Son outil tient dans une main. Son terrain couvre huit bassins de production, du Centre au Sud-Ouest. Sa matière première n'est plus la fève, mais la coordonnée.

Le chantier est national. Le 25 août, lors d'une concertation présidée par le ministre du Commerce, le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) annonçait 695 208 producteurs identifiés et 843 597 parcelles géolocalisées, selon Défis Actuels. Le chiffre de 140 000 producteurs dotés d'une identité numérique, souvent repris, ne figure sous cette forme dans aucune série publique consultée : en avril 2025, la base du CICC comptait 100 000 producteurs pour 150 000 parcelles. Chaque producteur reçoit un identifiant GS1, chaque parcelle un code de localisation rattaché à ses coordonnées, chaque lot un numéro qui le relie à ses parcelles. Sur le terrain, l'agent relève un point GPS sous quatre hectares et marche le périmètre au-delà, sous KoboCollect ou ODK, hors ligne, avant de synchroniser. La raison de cette précision se lit dans les exigences techniques que le RDUE impose au cacao camerounais.

Les employeurs forment quatre cercles. Le CICC et le Fonds de développement des filières cacao et café (FODECC) pilotent les bases nationales. Les exportateurs, dont Telcar Cocoa, SIC Cacaos, Olam et Atlantic Cocoa, mutualisent leurs relevés et peuvent sous-traiter la collecte. Les coopératives servent de relais de terrain. Les ONG techniques embauchent sous contrat de projet : en juillet 2025, Nitidæ cherchait des assistants techniques traçabilité pour déployer l'outil libre INA Trace, en CDD de 19 mois, diplôme en informatique, agronomie ou géomatique, pratique de KoboCollect ou ODK, permis moto obligatoire. Le Centre pour l'environnement et le développement (CED), souvent cité, n'apparaît dans aucune annonce de recrutement de masse. Il observe, alerte et plaide, notamment pour que les producteurs accèdent aux données de leurs propres parcelles. Ce profil prolonge le géomaticien et les autres métiers de l'agritech détaillés la semaine dernière.

Ce que les sources établissent, ce qu'elles taisent, et les dates à tenir.

La rémunération, elle, reste sans chiffre. Le CICC ne publie aucune grille. L'offre de Nitidæ affichait un salaire « à négocier ». L'avis de l'International Cocoa Initiative pour des agents techniques basés à Yaoundé, clos le 12 juillet 2026, demandait aux candidats leurs prétentions. Le statut réel des agents de terrain, CDD, vacation ou prestation, est non indiqué dans la source, tout comme leur nombre. Le métier exige pourtant davantage qu'un récepteur GPS : l'agent explique le règlement, obtient l'accord du détenteur de droits, démêle héritages, locations et usages coutumiers, souvent dans la langue du village.

La formation suit la même logique. Aucun titre d'État ne porte l'intitulé du métier. Les projets forment sur place : en juin 2025, à Talba, la coopération allemande a initié producteurs, acheteurs et agents de l'ONCC à une plateforme de gestion des ventes. À Yaoundé, TROW enseigne en deux jours la collecte mobile sous KoboToolbox et KoboCollect, pour 40 000 FCFA, à raison d'une session par trimestre ; le module n'est pas propre au cacao. Le contrôle pose une autre limite : le CICC ne compte que cinq ou six géomètres assermentés mobilisables, selon l'Institut européen de la forêt. Faute de géomètres, la vérification des polygones mobilise aussi des spécialistes SIG. Pour croiser la filière cette semaine, l'agenda agritech du 12 au 17 octobre recense les rendez-vous utiles.

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Restent trois angles morts. Dans le Sud-Ouest, qui pèse près de 30 % des volumes, les relevés étaient signalés suspendus en juillet 2025. Le consentement des planteurs se documente désormais sous la loi camerounaise sur les données personnelles, pleinement applicable depuis le 23 juin 2026. Les producteurs isolés, eux, sont invités par le CICC à se signaler. Pour le candidat, la démarche tient en trois gestes : se former à la collecte mobile, viser les coopératives certifiées que les audits vont presser, garder la trace écrite de chaque mission. Moins de trois mois séparent encore la filière du 30 décembre. Ils diront si l'agent de terrain devient un emploi ou demeure une mission. La parcelle se mesure en hectares ; le métier, en contrats.

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