Le 10 septembre 2026, à Douala, l'Office national du cacao et du café (ONCC) et l'entreprise allemande Cooko ont reconduit pour trois ans leur protocole sur la qualité et le suivi des fèves. Le 17 octobre, à Paris Nord Villepinte, s'ouvre le Salon international de l'alimentation (SIAL). Entre ces deux dates se joue la semaine du 12 au 17 octobre, que cet agenda détaille. La traçabilité cacao Cameroun en forme le fil rouge, dans un mois qu'ECONUMA consacre à l'agritech et une semaine placée sous un sous-thème : pourquoi l'agritech maintenant. La réponse tient en une échéance, le 30 décembre 2026.

L'accord d'abord. Signé au siège de l'ONCC, à Bonanjo, par le directeur général Michael Ndoping et par Epanty Mbanda pour Cooko, il remplace le texte de septembre 2021. Selon le communiqué de l'Office, il vise le premier kilomètre : cartographie des exploitations, suivi géospatial, enregistrement des récoltes, données de transaction auditables. À Ntui, dans la région du Centre, Cooko déclare placer les fèves fraîches dans des conteneurs fermés, identifiés par des étiquettes RFID, avant fermentation et séchage. Le dispositif repose sur la radiofréquence : aucun modèle d'intelligence artificielle ni registre blockchain n'est documenté pour ce site.
Reste la mesure : ni budget, ni nombre de producteurs couverts, ni volume tracé ne sont publiés, relèvent Investir au Cameroun et La Voix des Entreprises. En mai 2025, le dirigeant de Cooko, Ferdinand van Heerden, évoquait une capacité de 15 tonnes par mois et un objectif de 300 tonnes par an. Rapporté aux 247 914 tonnes commercialisées en 2025-2026, cet objectif pèserait environ 0,12 %. Ntui reste donc un pilote, comme les solutions primées en mai et recensées dans le palmarès de l'Agritech Innovation Challenge 2026, dont le déploiement débute.

L'échéance ensuite. À partir du 30 décembre 2026, les grands et moyens opérateurs qui placent du cacao sur le marché de l'Union européenne devront prouver que leurs lots ne viennent pas de terres déboisées après le 31 décembre 2020, coordonnées des parcelles à l'appui. Les micro et petites entreprises suivront le 30 juin 2027, selon la Commission européenne. L'obligation pèse sur l'importateur ; la donnée, elle, se collecte dans les bassins camerounais. Or l'Europe a absorbé 84,62 % des exportations camerounaises de cacao en 2025-2026, pour des volumes tombés à 125 469 tonnes, en recul de 34,65 % selon le bilan de l'ONCC. Sans coordonnées, pas de déclaration ; sans déclaration, pas de dédouanement. Des outils publics existent : ONCC Trace et Geoshare, présentés en juillet aux Cocoa Days de Yaoundé. ECONUMA reviendra sur ce règlement lundi 12 puis vendredi 16 octobre, dans le prolongement de l'agenda tech d'octobre 2026.
Chaque mercredi, ECONUMA couvre les temps forts de l'écosystème tech camerounais. Le #MercrediEvent de la semaine prochaine circule d'abord sur ECONUMA GO DIGITAL. Suivre le fil.
La semaine se lit jour par jour. Lundi 12 octobre ferment les inscriptions au hackathon E-Gov'A, réservé aux équipes de trois à cinq étudiants, avec prototypage les 15 et 16 au Palais des congrès de Yaoundé. Le même jour débute à Bastos la session 7 du STAR-C, formation gratuite au solaire sur toiture ; les candidatures sont closes, mais la fiche de la session 7 du STAR-C en détaille le contenu.
Du 15 au 17, le Cameroon International Tech Summit (CITS26) occupe le Palais des congrès. Son parcours « Sustainability to Climate » réunit innovateurs, bailleurs et agriculteurs autour des solutions climat et agritech, avec un Green Pitch au programme. Samedi 17, de 9 h à 12 h, dix finalistes annoncés le 10 octobre disputent le Lion's Den, finale régionale de la Startup World Cup, ouverte aux start-up agritech. Le White Pass coûte 5 000 FCFA selon la billetterie de l'organisateur, Mountain Hub. Vendredi 16, la Journée mondiale de l'alimentation porte le thème « Innover aujourd'hui pour nourrir demain » ; le lieu de la célébration nationale n'est pas indiqué dans la source.
Samedi 17, enfin, le SIAL ouvre pour cinq jours, jusqu'au 21 octobre. L'organisateur attend environ 8 000 exposants et près de 295 000 professionnels. La présence d'exposants camerounais reste à documenter : liste nominative, pavillon et encadrement institutionnel ne sont pas indiqués dans la source, et aucun lien entre Cooko et une délégation au salon n'est établi.

Cet agenda sert à agir. Une coopérative peut demander au CICC, qui porte Geoshare, si ses parcelles sont géoréférencées. Une start-up agritech peut prendre un White Pass et viser le parcours climat du CITS26, un étudiant inscrire son équipe avant lundi. Un exportateur peut consulter le catalogue du SIAL, mis à jour jusqu'à l'ouverture. Aucun de ces rendez-vous ne garantit un marché ni une prime : l'accord du 10 septembre a posé une promesse, le 30 décembre demandera des preuves. Du 20 au 23 octobre, Yaoundé accueillera le Salon de l'entrepreneuriat féminin agri-numérique de la CONFEJES, au programme du prochain #MercrediEvent.
