Avec un taux de pénétration Internet bondissant de 11 % en 2017 à 43,9 % en 2024, le Cameroun a vécu sa première élection présidentielle véritablement hyper-connectée. Ce changement d’échelle a transformé le scrutin du 12 octobre 2025 en un « crash test » grandeur nature pour l'intégrité de l'information. Data Cameroon, via le projet PPII, s’apprête à dévoiler l’autopsie de cette séquence.

L'élection présidentielle d'octobre 2025 ne s'est pas jouée uniquement dans les urnes, mais sur les écrans. L'effervescence informationnelle observée n'était pas un bruit de fond, mais une donnée structurelle. C’est le constat central qui sera débattu ce mercredi 10 décembre 2025 à l’Hôtel Bano Palace de Douala, lors de la présentation officielle du rapport final du Partenariat pour l’Intégrité de l’Information (PPII).

La connectivité comme catalyseur de risque

L'équation posée par le rapport est mathématique : l'élargissement de la « surface numérique » camerounaise a mécaniquement accru la vulnérabilité de l'espace public. L'accès massifié à l'information, s'il démocratise le débat, a simultanément ouvert les vannes à des manipulations industrielles.

Selon les données exclusives du dossier de presse, cette période a été marquée par une exposition sans précédent de l'opinion publique à des contenus malveillants, amplifiés par une viralité algorithmique que les mécanismes de régulation actuels peinent à endiguer.

Les 4 pathologies de l'espace numérique camerounais
Le rapport, qui valide scientifiquement les observations du pré-rapport de septembre 2025, identifie quatre tendances lourdes qui ont pollué la campagne :

  1. L'industrialisation du faux politique : l'usage d'influenceurs et de médias d'opinion pour relayer massivement des fausses informations n'est plus artisanal, mais stratégique.
  2. Le tribalisme numérique : le discours de haine a été instrumentalisé comme levier de polarisation, fragmentant l'audience sur des lignes ethniques dangereuses pour la cohésion sociale.
  3. Les ingérences exogènes : l'apparition de « narratifs transnationaux » confirme que le débat national est désormais perméable aux agendas étrangers.
  4. La crise de confiance systémique : conséquence directe des points précédents, le fossé se creuse dangereusement entre les citoyens, les médias traditionnels et les institutions.

Pour aller plus loin dans l'analyse chiffrée :
Retrouvez l'intégralité des statistiques, la méthodologie de l'enquête et les graphiques détaillés dans le dossier de presse officiel.

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Cap sur 2026 : De l'alerte à la résilience

Au-delà du diagnostic post-mortem, l'événement du 10 décembre vise à poser les jalons d'une infrastructure de défense cognitive. Avec les élections législatives et municipales de 2026 en ligne de mire, le temps n'est plus au constat mais à l'action.

Data Cameroon, ADISI-Cameroun et leurs partenaires (DataCheck, Université de Douala) plaident pour trois piliers correctifs immédiats :

  • La création d'un observatoire permanent de la désinformation électorale.
  • Le déploiement d'outils technologiques de détection précoce des fakes news.
  • Une formation intensive des médias et des citoyens au Fact-Checking pour renforcer l'immunité collective.

Ce rapport ne clôture pas une séquence électorale ; il ouvre le chantier urgent de la souveraineté informationnelle du Cameroun.

Fiche technique de l'événement