La collaboration : Plus qu'un thème, une nécessité
Pour cette quatrième édition du festival, le thème est « United For Innovation ». Rebecca Enonchong insiste sur ce point : l'innovation numérique ne se fera pas dans des bureaux isolés. Le but de l'événement est de créer des ponts.

C’est par la collaboration entre les différents secteurs de la société que nous pourrons faire avancer le numérique au Cameroun et en Afrique.
Il s'agit de mettre dans la même pièce les entrepreneurs qui ont les idées, les pouvoirs publics qui régulent, les investisseurs qui financent et la société civile. C'est cette connexion qui peut produire des résultats concrets pour notre économie.
L'Infrastructure : Le carburant de l'économie numérique
On va droit au but. Selon Rebecca Enonchong, le problème numéro un qui freine tout le monde, c'est l'infrastructure. Elle utilise une image simple et forte : « l’Internet est l’oxygène de l’entrepreneuriat numérique ».
Le constat est clair et vous le vivez certainement au quotidien.
| Problème | Conséquence directe pour l'entrepreneur |
| Accès à Internet | Rare, cher, et de mauvaise qualité. Difficile de développer des services en ligne. |
| Énergie | Instable et peu fiable. Oblige à dépendre de groupes électrogènes, ce qui augmente les coûts. |
Sans une action forte sur ces deux points, le Cameroun risque de regarder passer le train de la transformation digitale. Rebecca Enonchong est formelle : si nous réglons ce problème d'accès, le pays pourrait devenir un véritable pôle technologique continental. Dans le cas contraire, nous resterons en marge.
L'État : Le premier obstacle à surmonter
Voici la partie la plus critique de son analyse. Quand on lui demande quel est le principal frein à l'entrepreneuriat numérique, sa réponse est sans appel :
Le plus grand défi de l’entrepreneuriat numérique en Afrique, c’est l’État. Je le répète souvent : le premier, le deuxième et même le troisième obstacle, c’est l’État.
Rebecca Enonchong
Pourquoi ce jugement si sévère ? Selon elle, beaucoup de gouvernements africains, y compris le nôtre, n'ont pas encore compris la valeur réelle de l'industrie numérique. Ils la voient comme un passe-temps pour jeunes, pas comme un moteur de croissance économique.
Cette vision limitée entraîne des conséquences directes :
- Une bureaucratie lourde qui décourage la création d'entreprise.
- Des régulations inadaptées qui freinent l'innovation.
- Un manque de soutien financier et stratégique concret.
Pour que la situation change, l'État doit passer du rôle de frein à celui de catalyseur. Cela demande des actions précises, comme simplifier les procédures, investir dans les infrastructures et mettre en place des politiques qui soutiennent réellement les créateurs de solutions numériques.
Un appel à l'action collective
Le message de Rebecca Enonchong est un puissant appel à la lucidité. Le potentiel de l'innovation numérique au Cameroun est immense. Les talents sont là, l'envie d'entreprendre aussi. Mais pour que ce potentiel se réalise, il faut une volonté politique forte et une action coordonnée.
Il est temps que les pouvoirs publics comprennent que soutenir le numérique, ce n'est pas juste une ligne dans un budget. C'est investir dans l'avenir du pays. En facilitant l'accès à un Internet de qualité, en garantissant une énergie stable et en allégeant l'environnement administratif, le Cameroun peut vraiment se positionner.
Finalement, le thème « United For Innovation » n'est pas qu'un slogan. C'est la seule voie possible. C'est à vous, à nous, entrepreneurs, décideurs, et citoyens, de collaborer pour construire cette économie numérique dont nous avons tant besoin.
