A l’initiative du ministère des Postes et télécommunications, les experts de ce secteur se sont penchés au cours d’un atelier ce 15 Novembre 2021 à Yaoundé sur les enjeux, opportunités et risques de la crypto-monnaie au Cameroun.
Les crypto monnaies sont des monnaies virtuelles pouvant être stockées dans un portefeuille numérique protégé par un code secret appartenant au propriétaire. Certes beaucoup n’avaient parié sur le phénomène de crypto monnaie qui voit le jour en 2009 avec le Bitcoin, mais il est aujourd'hui difficile d'ignorer l’expansion de ces devises numériques qui échappent au contrôle des banques centrales et s’imposent à côté des unités monétaires classiques. D’où la tenue à l’initiative du ministère des Postes et télécommunications, d’un atelier sur « les enjeux, opportunités et risques de la crypto monnaie au Cameroun » ce 15 Novembre 2021 à Yaoundé.
Selon Minette Libom Li Likeng,ce séminaire vise à mobiliser les administrations compétentes…
Selon Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et télécommunications, ce séminaire vise à « mobiliser les administrations compétentes, en vue d’une concertation permettant au gouvernement d’avoir une compréhension stratégique et opérationnelle de ces monnaies numériques ; et à réfléchir sur les axes de régulation du secteur de la crypto monnaie, tout en prenant en compte les exigences du développement de l’économie numérique ». Il s’agit au cours des travaux de réflexion, de faire un tour d’horizon complet sur l’écosystème de ces activités au niveau du contexte camerounais actuel et de la sous-région Afrique centrale dans sa globalité, tout en relevant les problèmes relatifs aux manipulations. Ledit atelier devrait aboutir sur des recommandations pertinentes pour le développement d’un meilleur écosystème digital de gouvernance et des affaires axées sur la crypto monnaie et les technologies sous-jacentes.
Contrairement aux pays tels que l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria qui figurent dans le Top 10 mondial des plus gros détenteurs de Bitcoins (selon un rapport publié par la banque américaine Citibank), le Cameroun qui envisage aujourd’hui une régulation à même d’offrir un cadre plus transparent, a connu une période d’hésitation. En effet, nombre d’entreprises camerounaises vendent la monnaie électronique de manière illicite, alors que cette activité n’est pas autorisée. Le ministre des Finances a formellement interdit cette activité, à la suite de la Commission de surveillance des marchés financiers (Cosumaf) de la Cemac qui mettait déjà en garde le public, notamment contre les opérateurs de crypto-monnaie, ainsi que des désagréments et plaintes des souscripteurs. « Il y a des gens qui vont vous vendre des fausses monnaies. Tant qu’on ne connaît pas une monnaie, c’est difficile de distinguer entre les valeurs », explique Mfruh, consultant au ministère des Postes et télécoms, à propos des risques de la crypto-monnaie. Pour les gouvernements d’Afrique centrale en effet, crypto monnaie rime avec escroquerie, difficultés de qualification, problèmes de définition, nature juridique difficile à cerner.
Toutefois, soutiennent les experts, ces monnaies virtuelles, qui ont le vent en poupe, sont porteuses de plusieurs opportunités. « Sur le marché de la crypto monnaie aujourd’hui, il y a des intermédiaires qui se mettent en place pour pouvoir faire profiter localement à ceux qui souhaiteraient participer, il y a ceux qui ont créé des plateformes sur lesquelles les ménages pourraient aussi participer au gain qui existe », relève Gisèle Yitamben, directeur chez Digital Frontiers Institute. Plus de 6 000 crypto monnaies existent actuellement dans le monde ; des entreprises telles que Paypal, Microsoft ou Rakuten acceptent ces devises dans leurs transactions ; et les Etats à l’instar de la Chine et la France ont d’ailleurs créé leur propre crypto monnaie. Le phénomène nécessite donc, au lieu d’un blocage impossible à ce jour pour les gouvernements, une régulation pour une meilleure transparence.. A cet effet, Ade Dikum, expert en Fintech et crypto monnaie chez Bantou Crypto Compliance, propose « la création d’un système parallèle qui va faire en sorte que les gens sortent du marché noir pour venir dans la conformité parce que les logiciels sont là, les serveurs et la matière grise également ».
Au terme de ces réflexions engagées ce jour, les résultats devront permettre de cerner les fondamentaux des crypto monnaies, leurs implications et leurs importances au sein de l’économie numérique au Cameroun ; de maîtriser les spécificités techniques des crypto monnaies, établir une technologie exhaustive entre les technologies Blockchain et les crypto monnaies, tout en introduisant les concepts de cyberéconomie ; de dresser une cartographie complète des acteurs des crypto monnaies actifs sur le continent africain et ceux présents sur le territoire camerounais tout en relevant l’indice consommation des services relatifs à ces crypto-organismes ; de mettre sur pied un papier blanc sur la régulation et la réglementation des crypto monnaies et crypto actifs au Cameroun.
