Que prétend Africa Intelligence et quelle est la vérité ?

Selon un article publié par Africa Intelligence le 21 Mars 2025, la BAD aurait engagé une entreprise tierce pour gérer la sélection ou interviewer des candidats potentiels à la présidence. La BAD réfute catégoriquement ces informations, qualifiées de fausses et trompeuses, soulignant un manquement clair à l'éthique journalistique.

En réalité, selon l'accord constitutif même de la BAD :

  • Aucune entreprise ou entité externe n’est impliquée dans le recrutement du président.
  • Le processus électoral relève exclusivement d'un comité conjoint composé des actionnaires.
  • La Banque elle-même ne joue aucun rôle dans la présélection des candidats.

Les règles complètes sont accessibles publiquement sur le site officiel de la BAD.

Dates-clés et faits essentiels pour y voir plus clair :

Étape Date limite Responsabilité
Soumission des candidatures et CV En cours jusqu'à mars 2025 Gouverneurs des États membres
Déclaration des visions des candidats 21 mars 2025 Candidats
Questions des gouverneurs aux candidats 22 avril 2025 Gouverneurs
Élection du président 29 mai 2025 (Abidjan, Côte d'Ivoire) Conseils des gouverneurs (vote)


C'est donc un processus institutionnel cadré très précisément, dans lequel la banque n'intervient pas directement. Le comité conjoint piloté par les actionnaires est le seul organe habilité à traiter ces aspects.

Quels impacts concrets des fausses informations publiées ?

La diffusion d'informations non vérifiées est loin d'être anodine et peut provoquer des dégâts réels :

  • Crédibilité entachée : perte potentielle de confiance des États membres et partenaires internationaux envers la gouvernance de la BAD.
  • Risques financiers : potentielles difficultés à trouver de nouveaux financements et à concrétiser des partenariats clés pour le développement africain.
  • Impact interne : instabilité et inquiétude chez les employés et les dirigeants de la Banque.

C'est pourquoi la BAD appelle explicitement les médias et le public à vérifier rigoureusement leurs informations avant diffusion.

Composition et missions précises du Comité Conjoint électoral de la BAD

Pour éviter toute ambiguïté, voici comment fonctionne ce Comité conjoint chargé des élections présidentielles :

  • Qui le compose ? :
    • Représentants officiels des États membres africains.
    • Représentants officiels des États membres non africains.
    • Experts indépendants en gouvernance et économie.
    • Un Président du Comité, choisi parmi les membres pour son impartialité et son expertise reconnue.
  • Quel est son rôle ?
    1. Définir les critères précis d'éligibilité à la présidence (expérience, compétence managériale, vision stratégique).
    2. Recevoir et examiner les candidatures soumises par les gouverneurs des pays membres.
    3. Organiser les échanges avec les candidats et arbitrer les éventuels débats.
    4. Gérer le déroulement de l'élection pour garantir la transparence et l'équité du processus.

Ce mécanisme rigoureux et transparent laisse peu de place aux tentatives de manipulation dénoncées par Africa Intelligence.

Peut-on critiquer la gestion médiatique d'Africa Intelligence ?

Oui, sans aucun doute. Que des informations erronées soient publiées sur une plateforme reconnue est grave. La responsabilité des médias impose une vérification stricte des sources et des faits :

  • Aucune tentative claire n'a été faite par Africa Intelligence auprès de la BAD avant publication.
  • Le média n'a pas consulté les procédures officielles pourtant disponibles publiquement.
  • L’incident soulève des questions légitimes sur la rigueur journalistique et les contrôles internes chez Africa Intelligence.

Agir pour préserver l'intégrité du processus électoral de la BAD

Publier des informations non vérifiées, telles que celles diffusées par Africa Intelligence, engendre de véritables conséquences négatives pour une institution aussi importante que la BAD. Il incombe désormais à chaque partie prenante — médias, institutions financières et public — de faire preuve d'une grande vigilance à l'avenir.

Il est impératif que la BAD continue de communiquer avec transparence et fermeté au sujet de son processus électoral, et que les médias soient irréprochables dans leur démarche de vérification factuelle. La réputation, l'efficacité et la légitimité d'une institution majeure du développement en Afrique en dépendent directement.

La meilleure chose que vous puissiez faire, en tant que lecteur ou partenaire, est de toujours rester attentif aux sources officielles et d'avoir un regard critique sur les informations relayées par les médias. La confiance reste le pivot de la gouvernance économique en Afrique : ne laissons pas cette confiance se fragiliser par manque de rigueur journalistique.