Le 18 septembre 2026, Ayuk Etta, PDG de Mountain Hub Buea, présentait à la presse la deuxième édition du Cameroon International Tech Summit, le CITS26, que sa structure organise du 15 au 17 octobre au Palais des Congrès de Yaoundé. Au panel siégeait Lionel Mbiandjeu, président du Cameroon Digital Tank (CADIT), plateforme déjà partenaire de l'édition 2024 ; le sommet l'annonce désormais comme membre de son comité consultatif, l'advisory board du CITS. Le calendrier tombe à point : ECONUMA consacre sa semaine aux voies de garage de l'orientation. Reste à mesurer ce que ce hub offre à un jeune diplômé du Sud-Ouest, et par quelle porte y entrer.
Né d'une orientation fintech, le hub a élargi son champ à l'agriculture, à la santé, à l'éducation et au climat. Sa date de création varie selon les sources : 2019 pour EuroQuity et la fiche Startup Cameroun, janvier 2021 sur le profil LinkedIn de son dirigeant. Son siège, lui, est stable : dernier étage du 1st Trust Building, à Great Soppo, complété par un bureau relais à Yaoundé, à 100 mètres de la Pharmacie Effoulan. Buea abrite depuis le milieu des années 2000 une communauté de développeurs formés autour de son université, qu'ActivSpaces a commencé à outiller dès 2010. En août, ECONUMA décrivait cette Silicon Mountain comme une réalité technique doublée d'un mythe économique. Le hub s'installe donc sur un sol déjà défriché, avec une promesse claire : professionnaliser ce qui existait.
Le parcours s'articule en sas successifs. Pitch Friday ouvre la voie au porteur d'idée : cinq minutes face à mentors et investisseurs, les deuxième et dernier vendredis du mois selon le site, cadence invérifiable pour 2026. Le fondateur qui passe ce cap accède au Founders Bootcamp, axé sur la construction d'équipe, la valorisation et la levée de capital. L'étudiant en informatique ou en design trouve CityHack, hackathon de douze heures sur des problématiques urbaines. Le jeune diplômé en génie logiciel vise Iknite Space. Inscriptions et contact : mountainhub.africa et hq@mountainhub.africa.

Ce dernier programme concentre l'exigence du modèle : six mois, dix places, une « piscine » de deux semaines, puis Go, React, Next.js et Postgres en sprints, revues de code comprises, avant un projet livré en équipe. Au 26 septembre, iknite.space affiche encore des candidatures ouvertes pour la sixième cohorte, annoncée en septembre. La campagne de financement lancée en décembre 2024, en pleine crise anglophone, décrivait un programme « géré par Mountain Hub » et trois cohortes passées de trois ou quatre stagiaires. Elle signalait d'anciens diplômés déplacés par l'insécurité du Nord-Ouest, et un terminal Starlink présenté comme le seul accès fiable à internet dans la région : un luxe de première nécessité. Le réseau déborde d'ailleurs le Sud-Ouest : à Yaoundé, l'adresse de contact du CITS renvoie au campus d'Enovation Factory, présenté ici samedi dernier, partenaire affiché du hub.
Chaque samedi, ECONUMA présente un bâtisseur de l'écosystème numérique camerounais. Le #SamediHub de la semaine prochaine circule d'abord sur ECONUMA GO DIGITAL. Suivre le fil.
Pour l'entrepreneur qui a déjà des clients, la porte la plus concrète se ferme le dimanche 5 octobre. Le Lion's Den, compétition de pitch du CITS26, devient cette année la finale régionale camerounaise de la Startup World Cup, menée avec Pegasus Tech Ventures. La candidature est gratuite. Toute startup légalement enregistrée peut postuler ; dix finalistes seront annoncés le 10 octobre et disposeront chacun de quatre minutes de pitch le 17. Le lauréat gagne un vol aller-retour pour San Francisco, pris en charge par Mountain Hub pour un représentant, et une place dans son programme d'incubation. Le million de dollars attaché à la marque se joue à San Francisco, sous forme d'investissement.
Les organisateurs annoncent aussi cent cinquante entrepreneurs sélectionnés dans les dix régions, avec l'appui du PNUD et de la GIZ, et plus de 28 milliards de francs CFA de financements visés. Ces chiffres restent déclaratifs, au même titre que le bilan revendiqué sur EuroQuity : plus de cinq cents startups et PME accompagnées, plus d'un million de dollars levés. Un rapport d'impact indépendant viendrait utilement les étayer ; il n'a pas encore été rendu public. Le PNUD documentait en revanche, en novembre 2024, une tournée nationale de cent vingt-cinq jeunes par région. Pour qui cherche sa voie, l'intérêt du hub tient à ce qu'il exige : des clients pour entrer au Lion's Den, un produit livré pour sortir d'Iknite Space. La méthode proposée lundi pour tester la robustesse d'une filière s'y applique sans retouche.
Reste la gouvernance, encore discrète : au-delà de cette annonce, ni la composition complète du comité consultatif du CITS ni celle des instances du hub n'ont été rendues publiques. Reste aussi la question du centre de gravité : à Buea l'atelier, à Yaoundé la vitrine. La vitrine attire les financeurs ; encore faut-il que les financeurs remontent jusqu'à l'atelier. Trois points de veille d'ici au 17 octobre : la liste des dix finalistes, attendue le 10 ; les autres membres de ce comité ; un bilan chiffré et vérifiable de l'incubation. En publiant ses propres résultats, comme il le demande à ses candidats, le hub donnerait à son ambition un appui solide.
