Enjeux clés
- Accès bloqué : Sans acte de naissance, un élève ne peut pas :
- Passer les examens officiels de fin de primaire (CEP ou FSLC)
- S’inscrire au secondaire
- Bénéficier de programmes éducatifs nationaux
- Abandon scolaire : 30,1 % des enfants en primaire risquent l’exclusion systémique, selon la Banque mondiale.
Environ un tiers des élèves camerounais n’ont pas cet acte, particulièrement dans les régions rurales et défavorisées, menaçant ainsi la continuité scolaire et favorisant l’abandon prématuré.
Sans réforme systémique intégrant technologie, accessibilité financière et volonté politique, l’objectif d’un enregistrement universel d’ici 2030 et celui d’une éducation pour tous resteront inaccessibles
Obstacles majeurs
1. Coûts prohibitifs :
- 32 700 FCFA (54 USD) en moyenne pour obtenir l’acte, soit l’équivalent d’un mois de revenu pour 25 % de la population.
- Frais indirects : transports, documents annexes.

2. Complexité administrative :
- Certificat d’âge apparent
- Attestation de non-déclaration
- Jugement supplétif
- Multiples déplacements entre administrations
3. Accessibilité géographique :
- Dans certaines zones rurales, les centres d’état civil sont à plusieurs heures de trajet.
Cas pratique : Fatima, mère dans l’Extrême-Nord, doit parcourir 15 km pour déclarer son enfant, avec des frais dépassant son budget mensuel.
Solutions temporaires (2024)
- Opérations spéciales d’enregistrement avec l’UNICEF et la Banque mondiale.
- Inscriptions exceptionnelles aux examens sans acte de naissance.
- Numérisation partielle des registres.
Mesures structurelles nécessaires
| Objectif 2030 | Actions prioritaires |
| Enregistrement universel | Simplification des procédures (révision de la loi sur l’état civil) |
| Réduction des coûts | Subventions pour les familles vulnérables |
| Couverture nationale | Déploiement de centres mobiles d’état civil |
Critique des lacunes
Les solutions actuelles restent ponctuelles. La numérisation annoncée tarde à se concrétiser, et les budgets alloués aux réformes sont insuffisants.
L’absence d’actes de naissance cristallise les inégalités persistantes au Cameroun. Pour garantir un accès universel à l’enregistrement des naissances et offrir un avenir décent aux enfants, des actions intersectorielles et des mesures concrètes s’imposent. Sans réforme systémique intégrant technologie, accessibilité financière et volonté politique, l’objectif d’un enregistrement universel d’ici 2030 et celui d’une éducation pour tous resteront inaccessibles.
Source pour cet article intitulé : L'inégalité en pratique : le cas préoccupant des enfants sans acte de naissance au Cameroun
