Au terminal à conteneurs de Douala, un transitaire attend encore la validation de son dossier d'importation. Son concurrent, lui, l'a déjà obtenue depuis son bureau, en trois clics sur e-FORCE. Le clic a remplacé l'attente, le fichier le déplacement au guichet. Le Guichet unique des opérations du commerce extérieur, le GUCE, propose désormais des formations pratiques sur cette plateforme, socle numérique de son dispositif e-GUCE, ouvertes aux importateurs, exportateurs, commissionnaires en douane agréés, transitaires et transporteurs. L'enjeu dépasse la prise en main d'un logiciel : maîtriser le formulaire électronique conditionne la vitesse à laquelle une marchandise entre au Cameroun, ou en sort.

Le GUCE existe depuis son inauguration, le 25 août 2000, en réponse à une recommandation de la Table ronde sur la réforme portuaire de 1997, quand les lenteurs administratives du port de Douala pénalisaient l'ensemble du commerce extérieur camerounais, selon l'historique publié par la fiche entreprise Osidimbea. e-FORCE en est le socle numérique depuis : connexion à la plateforme, consultation d'un dossier, cotation, initiation d'une demande, suivi, complément d'information. Six gestes que la formation enseigne en tronc commun, avant les procédures propres à chaque filière.

Investir au Cameroun rapportait, en novembre 2019, une réduction des délais administratifs à l'importation de seize à quatre journées grâce à ce dispositif. Une évaluation de l'Institut national de la statistique, publiée en août 2025, resserre encore le calendrier : le dédouanement d'un véhicule est passé de plus de sept jours à 48 heures, la liquidation d'une déclaration douanière de six jours à moins de trois heures. Cette dématérialisation de l'administration camerounaise, documentée par ECONUMA dans son état des lieux des nouvelles plateformes publiques, déplace la valeur du métier de transitaire : la compétence technique pèse désormais autant que le carnet d'adresses portuaire.

Le programme se répartit en deux parcours, calqués sur les flux du commerce extérieur. Côté importation, le GUCE détaille sept procédures : déclaration d'importation, domiciliation bancaire des biens et des services, attestation de passage sanitaire du ministère de la Santé publique, visa technique provisoire et définitif pour les médicaments, certificat d'assurance harmonisé, certificat sanitaire vétérinaire et avis technique du ministère de l'Élevage, des Pêches et des Industries animales. Sept dossiers, autant d'administrations sollicitées, un seul écran pour les réunir.

Chaque module se donne dans la salle du Conseil d'administration ou la salle de conférence du GUCE, à Douala. Le circuit total coûte 150 000 francs CFA par personne, le circuit partiel 50 000. Sur le site de l'entreprise cliente, les mêmes formules montent à 200 000 et 75 000 francs. Cette montée en compétences rejoint un besoin que documentait déjà ECONUMA dans son état des lieux de la formation universitaire face au marché de l'emploi digital : la plateforme existe, l'usage qualifié reste à construire chez une partie des opérateurs économiques.

Le détail intégral des sept procédures import, des huit procédures export et des quatre grilles tarifaires tient en un document. Télécharger l'offre de formations e-FORCE du GUCE (PDF).

Le volet export couvre huit procédures. Déclaration d'exportation, domiciliation bancaire, licence export, puis les filières sensibles que sont le cacao et le café, le bois, le coton, l'empotage et la certification phytosanitaire. Une pièce manquante, et le conteneur attend au port. Le 5 novembre 2025 à Douala, le directeur général du GUCE, Isidore Biyiha, et celui du Conseil national des chargeurs du Cameroun, Auguste Mbappe Penda, ont signé un protocole pour mutualiser formation et sensibilisation des acteurs logistiques. Le guichet revendique trente-cinq procédures digitalisées et plus de deux millions de dossiers électroniques échangés depuis 2017, d'après Investir au Cameroun.

Ce protocole rejoint le constat que dresse ECONUMA sur le retard numérique structurel du pays : une infrastructure digitale avancée ne produit son plein effet qu'à condition que les utilisateurs finaux, transporteurs compris, sachent réellement s'en servir. Le guichet a gagné en vitesse ; reste à l'opérateur de gagner en compétence.

L'offre complète, avec le détail des modules et les grilles tarifaires, se télécharge sur le site du GUCE, dans sa rubrique documentations. Le document de présentation ne précise pas la durée horaire de chaque circuit ni le nombre de places par session : deux informations non indiquées dans la source consultée. Reste une question qui dépasse le seul calendrier de formation. À mesure que le guichet numérise davantage de procédures, le goulot d'étranglement du commerce extérieur camerounais glisse du délai administratif vers la compétence de qui remplit le formulaire.

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