Cinq dates, trois pays, aucune sur le sol national. Pour un bureau de production installé à Yaoundé, la première ligne du règlement Connect & Create 2027 ressemble à une porte étroite. L'appel à projets « Circulation du spectacle vivant et des musiques », ouvert le 9 juillet 2026 et clos le 30 septembre 2026 à 23h59 (GMT+2), place 445 000 euros sur la table pour faire voyager les créations africaines. La somme se partagera entre une poignée de lauréats. Les subventions iront de 15 000 à 39 500 euros. Derrière l'arithmétique se cache une doctrine : financer la sortie de frontière, jamais la diffusion domestique.

Le dispositif prolonge le programme Connect & Create, composante Afrique subsaharienne des Partenariats Afrique-Europe pour la culture. L'ensemble pèse 8 millions d'euros sur 42 mois (2025-2028) et relève d'un financement de l'Union européenne. Le Goethe-Institut et Expertise France le pilotent, en partenariat avec l'Institut français, selon la logique Team Europe qui substitue un consortium unique à la juxtaposition des diplomaties nationales. L'ingénierie financière traduit cette intention politique. Le soutien plafonne à 70 % du budget global et oblige chaque candidat à documenter 30 % de cofinancement, apporté en numéraire ou en valorisation. Viser le maximum de 39 500 euros suppose un budget d'environ 56 400 euros. Le versement se fera en deux temps : 80 % à la signature, 20 % après validation des rapports.

Les seuils de diffusion constituent le filtre décisif. Une tournée en Afrique exige au minimum cinq dates pré-réservées dans au moins trois pays, le pays de résidence de l'artiste étant exclu du décompte. Une tournée européenne descend à trois dates. Un festival doit programmer trois équipes issues de trois pays africains distincts, hors pays hôte. Appliquée à l'Afrique centrale, la règle devient un test logistique. Une compagnie camerounaise jouera au Gabon, en République démocratique du Congo ou au Tchad, franchira les douanes de la CEMAC, sécurisera visas et carnets ATA. Ces frais comptent parmi les dépenses prises en charge, aux côtés des transports en classe économique, des per diem et du fret scénographique.

L'écoresponsabilité figure parmi les six points d'attention particulière annoncés par la commission de sélection. Le seul levier chiffré se loge dans l'annexe budgétaire, qui autorise l'inscription des coûts de compensation des émissions liées aux vols, sous réserve de passer par des projets certifiés Gold Standard ou par les programmes des compagnies aériennes. La conséquence opérationnelle penche vers le slow touring. Allonger le séjour. Adosser ateliers et rencontres professionnelles à chaque représentation. Préférer la route à l'avion entre pays frontaliers. Un même trajet, plusieurs usages, une empreinte amortie.

Yaoundé aborde cette échéance avec un atout rare en Afrique centrale : la présence simultanée des trois opérateurs du consortium. Expertise France y conduit déjà un projet d'appui à la modernisation du Musée national. Le Goethe-Institut et l'Institut français du Cameroun complètent ce maillage. Pour un producteur local, la prise en charge de 70 % des coûts change la nature du voyage : accompagner physiquement ses artistes en Europe, négocier de gré à gré avec les programmateurs, sortir de la dépendance aux tourneurs intermédiaires. Un festival de Yaoundé qui accueille trois équipes issues de trois pays africains bascule, lui, du statut de rendez-vous national à celui de plateforme de prescription.

La conformité administrative pèse autant que la proposition artistique. Le dossier réclame un cadre logique complet, un budget prévisionnel, un calendrier de onze mois maximum et une déclaration sur l'honneur portant sur les critères d'exclusion et les régimes de sanctions internationaux. Les frais administratifs restent plafonnés à 7 % des coûts directs, la provision pour imprévus à 5 %. Le règlement autorise explicitement l'usage d'outils d'intelligence artificielle pour préparer la candidature, à condition que le dossier conserve son originalité et son identité propre. Cette montée en compétences numériques, que le dossier go-digital d'ECONUMA documente pour les structures camerounaises, devient un actif de candidature à part entière. Le dépôt s'effectue sur la plateforme IF Prog, dont la fiche officielle récapitule critères, calendrier et documents obligatoires.

La commission siège en décembre 2026. Les résultats tombent en janvier 2027. Les projets s'exécutent de février à décembre 2027. Les opérateurs de Yaoundé et de Douala disposent donc de quelques semaines pour verrouiller des pré-réservations fermes dans trois pays, condition sans laquelle le reste du dossier ne sera pas examiné. Le programme finance la mobilité, laisse la création à ses autres volets, et récompense les structures qui ont déjà tissé leur réseau sous-régional. Reste à mesurer si l'Afrique centrale convertira cette contrainte douanière en corridor de diffusion durable, ou si le guichet profitera encore aux scènes ouest-africaines mieux outillées.

 

Clôture le 30 septembre 2026 à 23h59 (GMT+2). Aucune candidature ne sera examinée après cette heure.

Le dossier repose sur des modèles imposés. Tout document transmis dans un autre format pourra être jugé non conforme, et toute candidature incomplète sera écartée avant même l'évaluation artistique.

 Télécharger le règlement officiel (PDF, 12 pages)
Les 47 pays éligibles, les seuils de dates, les dépenses prises en charge et les six critères d'attention particulière. À lire avant de construire le budget.

 Télécharger les modèles obligatoires (archive ZIP)
Cadre logique, budget prévisionnel sur trois onglets, calendrier de onze mois maximum, déclaration sur l'honneur et contrat de subvention type.

Déposer sa candidature sur la plateforme IF Prog
Dépôt en français ou en anglais. Contact du consortium : connectandcreate@expertisefrance.fr

Trois vérifications avant de commencer :

  1. Deux ans d'existence légale au minimum,
  2. un compte bancaire ouvert aux virements internationaux,
  3. Pré-réservations écrites dans trois pays au moins.

Sans ces trois pièces, le reste du travail sera perdu.

Pour structurer la production du dossier, du cadre logique au budget, le dossier go-digital d'ECONUMA réunit les méthodes et outils applicables aux structures camerounaises.

SOURCES