Le 7 mai 2026, le Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé a refermé la deuxième édition de l'Agritech Innovation Challenge sur un verdict sans ambiguïté. Quinze startups camerounaises ont été récompensées pour l'impact et le potentiel de leurs solutions agritech. Vingt-cinq finalistes avaient traversé des mois de sélections régionales, de coaching intensif et de pitchs décisifs. La compétition est close. Le déploiement, lui, commence.
Porté par le PATNUC sous la coordination du MINPOSTEL, avec l'appui du MINADER, du MINEPIA et de la Banque Mondiale, ce concours national a maintenu une exigence constante : aucun prototype théorique, aucune idée sans preuve terrain. Les candidats devaient présenter un MVP testé, démontrer leur capacité à mobiliser 35 % de l'investissement total de leur plan d'affaires, et convaincre un jury d'investisseurs, de techniciens agronomiques et de représentants institutionnels. Ces filtres ont structuré une sélection que la cérémonie de clôture a simplement entérinée.
Parmi les quinze lauréats, Light Group s'est imposé comme l'une des révélations les plus marquantes de cette édition. L'entreprise camerounaise a développé une plateforme intégrée IoT et Data Analytics dédiée à la surveillance et à la gestion d'actifs dans des secteurs exigeants : élevage, industrie, énergie. Appliquée au monde agropastoral, cette solution permet un suivi en temps réel des indicateurs de production, sans recours à des logiciels importés. Contrôler les données, sécuriser les actifs, décider sans dépendance extérieure : cette logique a pesé dans la délibération du jury, au sein d'un concours qui a fait de la souveraineté numérique africaine l'un de ses axes stratégiques affichés.
Les quatorze autres lauréats seront présentés dans les prochains jours par les organisateurs, selon l'annonce officielle du 7 mai 2026 (agritechchallenge.com). Ce que les sources permettent d'établir, c'est la diversité technologique du plateau retenu : intelligence artificielle appliquée au diagnostic des cultures, drones de précision agricole, agri-fintech pour l'accès au crédit, logistique du froid pour réduire les pertes post-récolte, IoT d'exploitation pour l'élevage et l'aquaculture. Cinq familles de solutions, quinze équipes, un territoire à transformer.
Le contexte qui accompagne le trophée est connu : le Cameroun perd 40 % de sa production agricole avant le marché, selon les données opérationnelles du PATNUC. La dépendance aux importations de poisson, riz et maïs alourdit la balance commerciale, alors que le potentiel hydrologique et agronomique reste sous-exploité. La SND30 a fait de la transformation numérique du monde rural un levier prioritaire. L'AIC 2026 en est l'instrument le plus opérationnel à ce stade. Chaque lauréat peut bénéficier d'un appui financier et technique allant jusqu'à 40 millions de francs CFA, selon Business in Cameroon (mai 2026), sous condition de cofinancement du promoteur et d'un suivi par étapes validé par le PATNUC.

La foire B2B tenue en marge des pitchs, du 4 au 7 mai, a produit des résultats tangibles : connexions avec plus de 45 organisations de producteurs, rencontres avec des industriels agroalimentaires et des partenaires technologiques internationaux présents à Yaoundé. Fotso Ngassa de Gajo Livestock, lauréat de la première édition, l'avait confirmé avant la finale : l'accompagnement du PATNUC transforme une startup en structure prête à lever des fonds «investment-ready». Les quinze lauréats 2026 s'engagent désormais sur cette même trajectoire, selon Digital Business Africa.
La liste complète des quinze lauréats attend publication. Ce délibéré vaut attention : dans un concours qui a reçu des candidatures issues des zones Fang-Beti, Sawa, Grassfields et Septentrion, la géographie des gagnants dira autant que leurs technologies sur la maturité réelle de l'écosystème agritech camerounais.
Light Group est sacré grand vainqueur de cette 2e édition. Quatorze autres lauréats complètent le palmarès. L'enjeu des prochaines semaines : à quelle vitesse ces quinze entreprises déploieront-elles leurs solutions dans les six filières prioritaires du PATNUC (manioc, riz pluvial, aquaculture, lait, cajou, café) ? Le secteur agropastoral camerounais, lui, n'attend pas.
