Le ministère de la Fonction Publique définit la dématérialisation comme le remplacement dans une entreprise ou une organisation de ses supports d'informations matériels (souvent en papier) par des fichiers informatiques et des ordinateurs, jusqu'à la création de « bureau sans papier » ou « zéro papier ». En clair, il s’agit d’un processus informatique qui vise une efficacité accrue en permettant une gestion entièrement électronique des données ou des documents produits en interne ou émanant des partenaires (administrations, clients, fournisseurs, etc.) en format numérique ou numérisés, afin d'améliorer le processus de traitement de l'information effectuée par l'administration et la mise en ligne de ses services au profit des citoyens .

Déjà bien avancées sous d’autres cieux, surtout en occident, ce n’est que le 28 mars  2013, lors d’un Conseil de Cabinet consacré à la stratégie nationale de l’e-government, que le Premier ministre, a mis en exergue l'importance des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) et leur impact sur la société camerounaise. C’est à ce moment que va s’enclencher une vaste opération de dépoussiérage dont les premiers chantiers vont être consacrés à la télétransmission instantanée des actes,  à la réduction des coûts liés à l’envoi (frais d’édition et de transport), à la diminution du volume de papier échangé et des déplacements ainsi que les affranchissements, à la réception automatique en temps réel (un accusé de réception électronique ayant valeur légale de la part de l’administration)  et enfin à la modernisation des relations entre les acteurs publics.

Acquis

Pour un début, 16 ministères ont servi de pilotes pour le projet. Il s’agit du ministère des Affaires Sociales, du ministère de l’Environnement de la Protection de la Nature et du Développement Durable, du ministère de l’Administration Territoriale, du ministère de la Forêt et de la Faune, du ministère de l’Éducation de Base, du ministère des Sports et de l’Éducation Sportive, du ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, du ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique, du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, du ministère du Commerce, du ministère des Transports, du ministère de la Publique, du ministère des Travaux Publics, du ministère de la Fonction Publique et de la Réforme administrative, du ministère de l’Enseignement Secondaire, du Ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement Technologique.

Pendant 5 ans, les différents cabinets privés adjudicataires des marchés lancés dans le cadre de ce projet de dématérialisation, se sont attelés à l’identification de toutes les procédures phares à dématérialiser, notamment celles en rapport avec les concours et l’archivage des documents, mais également à la  saisine des administrations sus-évoquées pour l'achat des équipements complémentaires en vue de l'effectivité de la dématérialisation (serveur, scanner professionnel, dispositif de signature électronique, clé cryptographique de signature numérique,etc)

L’impact de la dématérialisation est déjà perceptible dans certaines administrations publiques comme la direction générale des Douanes et des impôts. Ainsi,  «le croisement des fichiers de la Direction générale des Douanes et de celle des Impôts, à travers la plateforme FUSION, a permis d’identifier 4 320 importateurs non recensés par la DGI. L’exploitation de ces données a permis d’imposer plus de 500 nouveaux contribuables pour un rendement fiscal estimé à plus de 3 Mds FCFA.

Par ailleurs, la dématérialisation des modalités d’enregistrement de la commande publique s’est traduite par une augmentation significative du rendement des droits d’enregistrement (+28 % soit 37 Mds FCFA). Au plan qualitatif, la mise en place de la télédéclaration a permis une meilleure fidélisation des contribuables avec un taux de déclaration dans les délais avoisinant 100 % pour la Direction des grandes entreprises (DGE) et 90 % dans les Centres des impôts des moyennes entreprises», indique le magazine sous régional Conjonctures économique.

Mais le travail qui reste encore à abattre dans le domaine est énorme. Dans le secteur des marchés publics par exemple, la dématérialisation des procédures a du mal à être adopté par l’ensemble des acteurs du secteur. Pour illustration, depuis le 5 janvier 2018, date à laquelle l’ancien premier ministre Philémon Yang a signé un décret consacrant l’entrée en vigueur de la Cameroon online e-procurment system, une plateforme numérique de passation de marchés publics, seuls 24 marchés ont été passés en ligne sur 11 644 projets programmés. Par ailleurs ; à peine une centaine de prestataires se sont inscrits sur cette plateforme en deux ans.