Le crowdfunding ou financement participatif est une solution de financement permettant de faire appel à des ressources financières auprès des internautes pour un projet de création, de reprise ou de développement d’une entreprise. Apparu dans les années 2000 avec l’expansion d’internet, ce type de financement peut prendre la forme d’un don (reward crowdfunding), d’un prêt (crowdlending) ou d’un investissement (crowdfunding equity ou crowdequity).  

Reward crowdfunding 

Il peut s’agir d’un don sans contrepartie, d'un don avec contrepartie symbolique ou d’une précommande  du produit ou service pour lequel la campagne de financement est lancée. Cette forme est idéale pour tester le marché et l’accueil que le public réserve au produit ou service.

Crowdlending

Il peut s’agir des prêts sans intérêt ou des prêts avec intérêts sans caution ni garantie de la part du demandeur. Cette forme de financement permet de financer les dépenses non prises en compte par les banques, comme le besoin de liquidité ou des projets d’investissement immatériel.

Crowdequity

Ce type de financement implique une participation au capital de l’entreprise. L’investissement peut être en capital (le financeur est rémunéré sous forme de dividendes ou de plus-values réalisées lors de la cession des titres), en obligations (la rémunération de l’investisseur prend la forme d’intérêt) ou contre royalties (sa rémunération prend la forme de commissions sur le chiffre d’affaire). Cette forme est plus adaptée pour financer le développement d’un projet. 

l’accès au financement des TPE/PME n’a pas véritablement connu une amélioration

Etat des lieux du Crowdfunding en Afrique

Si cette tendance connaît un véritable succès en occident, force est de reconnaître que l’Afrique accuse un réel retard en matière de financement participatif. D’après une étude menée par la plateforme de crowdfunding Afrikstar, seulement 32,3 millions de dollars ont été levés en Afrique en 2015. Soit 0.1%  du total mondial cette année-là. Au Cameroun, ce type de financement se situe autour de 0,7% par rapport à la moyenne africaine. Comme pour la plupart des pays africains, la raison principale de ce frein est l’absence d’une réglementation publique. 

Selon les chiffres de l’Association professionnelle des établissements de crédits du Cameroun, (Apeccam) les banques Camerounaises ont accordé un montant global de 3 908,9 milliards de FCFA aux entreprises  en 2020. Soit une augmentation de 0,6% par rapport à 2019. Pourtant l’accès au financement des TPE/PME n’a pas véritablement connu une amélioration. 

Pourtant l’accès au financement des TPE/PME n’a pas véritablement connu une amélioration. Aline Valérie Mbono, directrice exécutive du Gicam (Groupement interpatronal du Cameroun) propose le crowdfunding pour palier à ce problème. Malheureusement, ce type de financement reste peu connu au Cameroun qui occupe la 18e place des pays africains le  pratiquant. 

L’expérience de Kiro’o Games a mobilisé 278 millions de FCFA auprès de 414 souscripteurs en 2019

 

En effet, «  nous nous devons d’apprivoiser ce mode financement, de le maîtriser et de l’organiser à notre profit en vue d’en tirer le meilleur parti, afin d’en faire un atout véritable pour les acteurs du système économique national, notamment les PME », indiquait Louis Paul Motaze, ministre des finances camerounais en février 2020 lors de l’atelier national de Crowdfunding. L’expérience de Kiro’o Games qui a mobilisé 278 millions de FCFA auprès de 414 souscripteurs en 2019 renseigne suffisamment sur l’efficacité de ce mode de financement. 

Si Kiro’o  Games a géré elle-même sa campagne de Crowdfunding grâce à son application « Kiro’o Rebuntu » qui a permis d’effectuer la collecte et la vérification entièrement en ligne, d’autres sont passés par des plateformes de Crowdfunding. C’est le cas de la marque de sous-vêtements pour homme « FAM Cameroun » qui a mobilisé en 2021 plus de 1,3 millions de F.CFA via la plateforme Fiatope. «  Après un an d’activité, j’ai voulu faire participer tous ceux qui ont fait confiance  à la marque depuis le début, afin de me permettre de franchir un nouveau palier dans la structuration de FAM. Cela participe également de la visibilité de la marque. Par ailleurs, le processus bien que rigoureux permet d’obtenir facilement les financements tout en offrant des contreparties aux donateurs » déclarait Marc Ghislain Gbwa, le promoteur de la marque dans une édition du quotidien Cameroon Tribune. On peut en conclure que l'essentiel de ces contributions viennent de l'étranger avec 8% de paiements en F.CFA pour cette levée de fonds.

Bien que la plupart des success stories camerounaises en matière de financement participatif passent par des plateformes étrangères, il existe quelques plateformes locales telles que Faroty , Africa Crowdfunding , Afrikwity , Startup Nkap … par lesquelles les PME peuvent mobiliser des fonds pour lancer ou booster leurs activités.